Chapitre 2 - La forêt d'Aresnho


Malgré les températures chaudes de la saison, il règne une agréable fraîcheur dans la forêt. Yuji avance sereinement avec une légèreté et une assurance qui laissent penser qu’elle connaît ces lieux par cœur. Son écoute de l’environnement lui permet de trouver aisément ce dont elle a besoin. Elle récolte sur son parcours quelques plantes médicinales ainsi que des baies sauvages qui combleront sa faim le soir venu. Profitant du calme offert par les bois, elle se concentre sur ses pensées et intensifie sa présence sans voir le temps défiler.

 

Yuji dans la forêt.

 

Lorsque la luminosité commence à diminuer, elle atteint enfin la source du cours d’eau qu’elle suit depuis quelques heures. D’une habileté sans pareille, Yuji escalade la falaise pour rejoindre une petite grotte où elle passera la nuit.

Une fois le soleil couché, le feu qu’elle a allumé rayonne sur les parois créant une atmosphère chaleureuse et paisible. L’apprentie termine son repas puis ouvre son parchemin.

 

“Alors que la réponse trace ton chemin, la question te laisse le dessiner.

Si le flot de tes pensées t’assaille tel un torrent indomptable, reviens à la source. C’est à la cascade de tes pensées que tu pourras comprendre ta vraie nature et trouver l’essence de ton existence. “

 

Ces paroles résonnent dans l'esprit de Yuji sans vraiment n’avoir de sens.

— “Alors que la réponse trace ton chemin, la question te laisse le dessiner...” les supérieures perdent vraiment la tête, songe t-elle.

Tentant de focaliser sa réflexion sur le sibyllin parchemin, Yuji se plonge dans une méditation profonde près des flammes. Il ne lui reste plus que deux journées dans la forêt d’Aresnho et elle ne compte pas les passer à attendre dans cette grotte.

 

Yuji en profonde méditation.

 

 


A quelques kilomètres d’ici, sa sœur Fiona aperçoit enfin l’entrée des souterrains. Elle a marché tout l’après midi sans relâche en direction du Mont Ares avec un seul objectif en tête : rejoindre les galeries et s’enfoncer dans l’obscurité pour se mesurer aux créatures des profondeurs. Durant sa formation au Monastère, elle a étudié nombre d’animaux magiques qui peuplent l’île, des forêts aux montagnes en passant par les lacs, les rivières et les océans. C’est dans les profondeurs du Mont Ares que vivent les plus féroces. Contraintes par leur environnement hostile, ces créatures se sont adaptées pour survivre. L’évolution en a fait des bêtes résistantes, intelligentes et puissantes.

Fiona a passé la journée à imaginer sa rencontre avec un Miragaïa, ou la façon dont elle terrasserait une Apholis. Elle a prévu un nombre incalculable de scénarios et se sent plus que jamais prête mentalement.

Il y a néanmoins une créature que l’apprentie sorcière redoute. Même si l’idée de devoir affronter un Ouréa Khaan l’excite au plus haut point, Fiona sait qu’elle aurait très peu de chance de s’en sortir indemne, et pourrait même y laisser la vie. D’une couleur plus sombre encore que les parois des galeries, ce monstre des profondeurs se confond à merveille avec son environnement. Son épaisse carcasse et ses longues griffes acérées en font un adversaire redoutable.

 

Ouréa Khaan

 

Avant de s’enfoncer dans l’obscurité, Fiona effectue trois pas de danse accompagnés d’un chant mélodieux en langue antique. Aidée par l’air chaud et humide des galeries, la main gauche de l’apprentie s’embrase alors d’une intense flamme rougeoyante. Satisfaite, Fiona ramasse un long bâton dont elle enflamme l’extrémité puis pénètre dans les galeries.

Excitée à l’idée de rencontrer une bête à chaque instant, la fatigue n’altère en rien l’esprit alerte de l’apprentie. Malgré tous ses efforts pour se faire discrète, la sorcière n’est pas adaptée à la vie en profondeur : son souffle est fort et chacun de ses pas fait écho jusqu’au fin fond de la roche. Comptant utiliser sa maîtrise d’Eolia Motio et Pyro Motio, les danses élémentaires du vent et du feu, pour combattre son adversaire, Fiona suis le flux d’air chaud naissant au cœur de la montagne. Après des heures de marche, les seuls dangers rencontrés par celle-ci se réduisent hélas à quelques chutes de pierres ou des passages de rats. Il faut bien avouer qu’elle a sursauté plusieurs fois, surprise par le vol de chauve-souris, mais ce n’est pas ce à quoi l’apprentie s’attendait. Il semblerait que les créatures des galeries aient fui l’aura puissante de Fiona, dégageant énergie, vivacité et détermination… Ou serait-ce l’oeuvre d’autre chose ? Quoi qu’il en soit, le périple palpitant recherché par Fiona n’est pas au rendez-vous.

 


La fatigue commence à se faire sentir alors que l’aube approche. Les jambes de Fiona sont engourdies, sa flamme est timide et ses paupières sont lourdes. Déçue, elle remonte les courants d’air frais pour quitter les galeries et prendre du repos à l’extérieur, loin de cette atmosphère lourde et chaude. La sorcière aperçoit enfin la lumière naturelle et l’idée de revoir le soleil la console quelque peu. Elle accélère le pas vers la sortie rêvassant déjà de l’arbre au pied duquel elle trouvera le sommeil.

 

Ayant quitté l’instant présent, Fiona ne remarque pas qu'elle a baissé sa garde. Une erreur qu’elle a pourtant appris à ne pas commettre durant sa formation. C’est avec étonnement et frayeur qu’elle se fait surprendre à la sortie des galeries par une imposante silhouette menaçante. Éblouie par le changement soudain de luminosité, l’aventurière a du mal à identifier la créature qui se tient devant elle, mais elle comprend qu’elle devra faire attendre Morphée encore un peu. Fiona rassemble ses esprits et concentre son énergie pour se préparer au combat. Sa flamme s’intensifie et la créature lui apparaît alors nettement. Le moment tant attendu est enfin arrivé. Malgré son état de fatigue, Fiona brandit fièrement son bâton enflammé et fait face à l’Ouréa Khaan.

 

La bataille commence !


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